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Le Haut Potentiel : chance ou handicap?

D’après les études récentes, les jeunes à haut potentiel représenteraient 2,5 pc de la population scolaire en Fédération Wallonie – Bruxelles, ce qui représente plus de 16.000 élèves.

Ces enfants qui se retrouvent dans tous les groupes sociaux, sont caractérisés par une grande précocité de leur développement intellectuel, généralement accompagnée d’une série de traits communs tels qu’une hypersensibilité, des sens plus développés que la moyenne, une forte agitation motrice, un sens aigu de la justice, un sens de l’humour très prononcé, des difficultés particulières à gérer les frustrations ou les pulsions agressives, des sens davantage développés,…

En comparaison avec des enfants du même âge, ces jeunes « mieux doués » atteignent très tôt un niveau d’abstraction élevé.

Une chance me direz-vous? Pas toujours, parce que leur mode de fonctionnement particulier, est susceptible d’être source d’angoisses, de difficultés scolaires, d’incompréhension et de rejet. En outre, dans un certain nombre de cas, le « don » est accompagné de troubles tels que difficultés graphomotrices, dyslexie ou dyspraxie. Ennui, troubles du comportement, mal-être, dépression, décrochage scolaire, guettent ces enfants auxquels on n’offrirait pas un regard et des solutions adaptés.

Les parents sont en première ligne, raison pour laquelle il convient d’informer le plus largement possible sur les caractéristique de ces enfants intellectuellement précoces. D’autre part, si les enseignants sont souvent les premiers à détecter ce type d’enfants, leur formation initiale ne comprend aucun volet sur les enfants « à besoins spécifiques ». Certains d’entre eux n’envisagent pas que le haut potentiel puisse être source de difficultés pour ces élèves. Il est donc urgent de les en informer et de leur donner les outils pour gérer et protéger au mieux ces enfants potentiellement en souffrance.

De nombreuses recommandation européennes évoquent l’urgence à proposer des solutions adaptées aux enfants HP : la Résolution du Parlement européen du 18 juillet 2006, la Recommandation n° 1248 du Conseil de l’Europe (5° proposition), le Rapport Eurydice de la Commission européenne de juin 2006, le Rapport Itinera de septembre 2008. Tous mettent en évidence la nécessité de besoins éducatifs particuliers pour ces jeunes.

Une Proposition de Résolution en vue d’améliorer la prise en charge de ces enfants a été déposée le 13 juillet 2012 au Parlement de la Communauté française. Elle vise notamment à former les professionnels de l’éducation aux particularités des enfants HP, à l’apprentissage et à la pédagogie différenciée, à octroyer davantage de moyens aux centres PMS afin qu’ils puissent identifier de façon précoce ces enfants, et à les aider à gérer leurs difficultés tout au long de leur parcours scolaire, à créer et soutenir des projets spécifiques au sein des écoles.

Une seule école bruxelloise propose aujourd’hui un projet spécifique pour les enfants à haut potentiel. Avec une personne ressource, beaucoup de bonnes volontés, un local spécifique, et un projet pédagogique. C’est bien, mais ce n’est évidemment pas suffisant.

Au-delà de la sensibilisation, une meilleure répartition des moyens investis dans l’enseignement permettrait aux équipes pédagogiques de répondre d’une façon plus adéquate à une spécificité qui, contrairement aux idées reçues, n’est pas caractéristique de milieux socio-culturels favorisés.

Un jeune surdoué sur deux ne pourra jamais donner toute la mesure de son potentiel. Que l’on se place sur le terrain de leur épanouissement et de leur bien-être, ou sur celui, plus pragmatique, du potentiel économique de ces jeunes talents, il n’y a pas lieu de tergiverser sur le caractère impérieux d’une détection précoce et d’une prise en charge spécifique tout au long de leur scolarité.

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